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Covid-19 : Comment préparer le « monde d’après » ?

Entre le 8 décembre 2019, date où la Chine alerte l’OMS de l’existence d’un virus encore inconnu et le 17 mars 2020, date du début du confinement en France, rarement aussi courte période n’aura produit autant de bouleversements dans notre société. Comment anticiper les changements de comportements induits par ces semaines de confinement et de remise en question ? Sans jouer aux devins, les experts de CoSpirit MediaTrack apportent ici leur éclairage.

Une forte prise de conscience citoyenne

Ce n’est pas le moindre des effets de cette crise sanitaire. Souvent vus comme facilement râleurs et indisciplinés, les Français ont globalement accepté de rester confinés chez eux, et de n’en sortir que pour des motifs strictement encadrés, comme faire leurs achats de première nécessité ou entretenir leur forme.

Un certain nombre de valeurs reviennent en force sur le devant de la scène, comme l’équilibre personnel, le retour à l’essentiel, le sentiment d’appartenance à une communauté nationale, la responsabilisation, l’importance du temps passé en famille.

Et après ?
Rien ne sera plus comme avant, entend on dire de tous les côtés. On ne peut que souhaiter que la vague de solidarité retrouvée, de la part de tous, consommateurs, célébrités, marques, médias, ne retombe pas après le déconfinement.

Le boom de nouvelles pratiques digitales

Le Home Office en est la plus spectaculaire

Les mesures de confinement ont, en effet, obligé des millions de Français à travailler de chez eux, et ce du jour au lendemain.
Ce télétravail contraint se traduit en premier par une forte mobilisation des outils de travail à distance. Teams et Slack, messageries collaboratives concurrentes, ont vu leurs nombres d’inscriptions bondir de respectivement 35% et 40% dès les premiers jours. Les visites quotidiennes sur les sites de visioconférences tels que Google Meet, Zoom, Weber ont doublé en mars par rapport à mi-février

Et après ?
Ira-t-on vers une démocratisation du télétravail ?
Dans une enquête menée auprès de 2 915 professionnels, par Deskeo, opérateur de bureaux flexibles, 62% des sondés expriment clairement l’envie de continuer de travailler à distance après l’épisode coronavirus. Les raisons avancées sont le gain de temps dans les transports (38%), la productivité (27%) et l’autonomie (19%). Seuls 12% ne souhaitent pas changer leurs habitudes. Cette période aura probablement un impact sur l’assouplissement des politiques de télétravail des entreprises sur le long terme. A date, près d’un sondé sur deux redoute que son employeur s’y oppose par culture du présentéisme (45%) ou manque de confiance (17%).

L’e-learning et l’e-culture ont aussi le vent en poupe

L’heure est à l’école à la maison pour les enfants, les parents et les étudiants. Le confinement est aussi l’occasion d’apprendre une nouvelle langue étrangère, à jouer d’un instrument de musique, à développer une vocation rentrée de chef etc.
Le digital se met aussi au service de la culture, en proposant des visites virtuelles de musées, des spectacles, des conférences en lignes, des podcasts, des e-books…

Et après ?
Ces outils existaient déjà mais leur généralisation peut augurer une autre façon d’appréhender la culture. Et la création de nouveaux formats pour l’industrie culturelle : spectacles en ligne, visite en réalité augmentée…

L’interaction et la création de lien social virtuels compensent actuellement l’absence de liens physiques entre les Français

Ils plébiscitent les formats live, cours de cuisine, séances de sport, challenges en famille qui donnent la sensation de faire une activité collective. Les visioconférences entre amis, avec la famille, pour des apéros, des jeux de carte ou juste pour bavarder font les beaux jours de Messenger et What’sApp.

Et après ?
Ces formats pourront aller en se démocratisant car ils ont permis aux moins connectés de découvrir les possibilités de passer plus de temps ensemble grâce aux réseaux sociaux. Sans remplacer pour autant les liens sociaux réels .

De nouvelles attentes envers les marques 

En cette période qui est tout sauf propice à la consommation, les marques se montrent porteuses de solidarité.
Reconfiguration d’usines afin de fabriquer des gels hydroalcooliques, tranches horaires exclusivement réservées aux personnes âgées et aux personnels hospitaliers dans certaines grandes surfaces, dons de toutes sortes aux hôpitaux, impossible de lister ici les actions engagées par les marques tant leur nombre va croissant au fil des jours.  

Et après ?
Cette crise sanitaire met en évidence les vulnérabilités de la mondialisation et son impact sur le tissu local. Elle devrait faire naitre de nouvelles exigences et attentes de la part du consommateur, en termes d’engagement, de transparence, de fiabilité des informations fournies.
Le mouvement est d’ailleurs déjà en marche.
L’édition du 6 avril 2020 du Baromètre hebdomadaire exclusif sur les « Français en confinement » réalisé via le panel propriétaire de la régie 366 par Kantar nous apprend que 66% des Français se déclarent intéressés de savoir ce que les marques entreprennent afin de s’adapter à la crise actuelle. 76% estiment que les marques doivent communiquer sur leurs initiatives solidaires en période de confinement et 68% pensent que cette communication peut faire évoluer l’image qu’ils ont d’elles.

L’explosion de la consommation media

Informer et divertir, ces deux fonctions premières des media n’ont jamais aussi bien joué leur rôle et répondu aux attentes des Français.

A commencer par la TV. 36,7 millions de téléspectateurs ont suivi l’allocution d’Emmanuel Macron lundi 13 avril au soir sur les onze chaînes qui la diffusaient, selon Médiamétrie. Soit une part d’audience globale de 94,4%, et un million de spectateurs de plus que le 16 mars. Un record absolu pour le petit écran.
Tous les indicateurs sont à la hausse pour le media : +84% de part d’audience pour les chaines d’information, +58% de téléspectateurs pour les 20h de TF1 et France 2 (moyenne semaine 12/13/14 2020 vs 2019). La télévision est plus que jamais au cœur du quotidien des Français avec une durée d’écoute par individu (DEI) de 4h13 de chez les 25-49 (+44%). On constate également de fortes audiences sur les plateformes SVOD avec 6,2 millions de SVODistes quotidiens en semaine 14, (vs une moyenne de 3,5 millions depuis le début de l’année).

La radio voit, de son côté, sa durée d’écoute moyenne progresser de +12% nous dit l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Le media est notamment boosté par l’écoute en ligne, en croissance de +15% en moyenne sur les deux premières semaines du confinement national.

La situation de la presse est plus contrastée. La raréfaction des points de vente ne fait évidemment pas les affaires du print.

En revanche, le nombre de visites sur les offres numériques des médias d’information nationaux et régionaux a bondi de 111 % lors de la première semaine de confinement (17-24 mars), puis de 86 % lors de la deuxième semaine (24-31 mars).

Et après ?
Oubliée des plus jeunes, la Tv pourrait revenir dans leur consommation media. Le confinement a fait bondir la DEI de +83% chez les 15-24ans.
La radio, et plus largement l’audiodigital (Spotify, Deezer, Youtube, Soundcloud, etc.) devrait continuer à surfer sur la hausse de fréquentation consécutive à la hausse des loisirs « @Home ». C’est aussi vrai pour les podcasts, déjà en bonne forme avant le confinement. La presse, déjà malmenée en version print, pourrait investir plus fortement dans les formats digitaux, en pariant sur le fait que les non-lecteurs, y aient goût suite aux offres de gratuité proposées par les éditeurs durant le confinement. C’est notamment vrai pour la PQR qui a su miser sur la carte de la proximité en développant des services d’entraides locaux durant cette crise sanitaire.

Crédits photo : Shutterstock

La Rédaction CoSpirit

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